Du Je au Nous, Deepak Chopra

Deepak Chopra, d’origine indienne et de nationalité américaine, est un médecin endocrinologue, penseur, conférencier et écrivain à succès sur les thèmes de la spiritualité et de la médecine alternative. Ami et conseiller de nombreuses vedettes telles que Madonna, Demi Moore, Hillary Clinton, Oprah Winfrey, c’est une célébrité aux États-Unis, où il a établi un centre de soins basé sur l’Āyurveda. Classé en 1999 parmi les 100 personnalités les plus marquantes du siècle par le magazine Time, son empire génère 15 millions de dollars de bénéfices annuels, issus de ses ouvrages, séminaires et produits dérivés.

Indo-Américain

Fils aîné d’un éminent cardiologue de New Delhi, Deepak Chopra effectue ses études de médecine en Inde et immigre aux États-Unis en 1970 il entame son internat dans le New Jersey et devient médecin spécialiste en endocrinologie.

Très vite, il accède au poste de chef de service au New England Memorial Hospital de Boston, mais le stress l’oblige à consulter un médecin de chez lui : Brihaspati Dev Triguna, une sommité mondiale de la médecine ayurvédique (médecine traditionnelle indienne). Diagnostic : si Deepak continue de vivre à cent à l’heure, il court droit à la catastrophe cardiaque.

Le jeune homme suit les conseils du vieux sage et découvre, un peu stupéfait, les principes de base d’un art millénaire de la santé et d’une vie plus saine. Faire silence quelques minutes chaque matin, passer plus de temps avec femme et enfants, mâcher lentement sa nourriture, changer son alimentation… voilà le programme de Triguna qui permettra au jeune médecin de se sentir mieux dans sa tête et dans son corps, et lui donner définitivement le goût des techniques traditionnelles.

1981 La période « méditation transcendantale »

Après la lecture d’un livre sur la méditation transcendantale, Chopra et son épouse apprennent cette technique. En 1984, il rencontre Maharishi Mahesh Yogi, le gourou indien de la ditation transcendantale, popularisée par les Beatles. Un an plus tard, il quitte son poste de chef de service de l’hôpital et devient directeur du centre de santé ayurvédique Maharishi pour la gestion du stress dans le Massachusetts. C’est à ce moment qu’il va renouer avec ses origines indiennes en étudiant la méditation et l’ayurvéda, les préparations de plantes, l’art des régimes alimentaires, les techniques de massage… en plus de rencontrer des scientifiques de haut vol de la physique quantique.

« La science nous permettra de mieux comprendre la spiritualité, dit-il, tout au moins la physique moderne qui a dépassé les limites de la matière et pour qui l’univers est un vaste océan d’énergie, de conscience et de lumière. » Il sort ses premiers livres, dont le best-seller “Le Corps quantique” dans lequel il propose une synthèse entre les développements les plus pointus de la physique, biologie, médecine, et les grands principes des philosophies spirituelles. Premières télés, premières interviews, c’est le début de la célébrité. Cependant, la communauté scientifique n’apprécie guère le mélange des genres et réagit violemment : « Un pur amalgame ! » Un article du Times de 2008 évoque Chopra en ces termes : « C’est un aimant pour la critique de la communauté scientifique et médicale. De tous les gourous asiatiques, Chopra est celui qui a indiscutablement été le plus doué pour gommer les différences entre l’Orient et l’Occident en emballant la mystique orientale d’un vêtement occidental crédible. Sa tentative de construire un modèle de l’univers lisse et plaisant l’amène à des conclusions faciles et à éviter les failles problématiques et les incohérences de son discours. Ce qui est évident pour tout le monde, sauf pour ses fans aux yeux pleins d’étoiles (…) »

Pour réponse, le docteur Chopra déclare que la médecine n’est jamais parvenue à tout guérir, qu’ « en utilisant notre conscience nous pouvons demander à notre corps de ne pas vieillir, qu’aujourd’hui, ses collègues le soutiennent puisqu’il donne des conférences à la Harvard Medical School, et est invité par les écoles américaines de médecine les plus réputées ».

1994

En 1994, il quitte dans la controverse l’organisation Maharishi et fonde, avec le neurologue David Simon, le luxueux Chopra Center For Well Being en Californie qui propose divers programmes de mise en forme et de bien-être. Au programme, de la méditation, du yoga et des consultations médicales, l’objectif est de guérir, rester jeune et en forme grâce à l’ayurvéda et à mille autres trucs du développement personnel. « Quand on assiste à une rémission spontanée d’un cancer, aucun scientifique au monde ne peut en expliquer le mécanisme, commente Chopra. On parle de miracle, mais ce n’est qu’une loi naturelle ! Ces guérisons montrent que l’esprit est assez puissant pour freiner ou stopper l’altération du corps. »

Des guérisons qui passent aussi par un porte-monnaie bien garni : le moindre stage de « purification » coûte 4 000$ la semaine mais le centre ne désemplit pas et son commerce de produits dérivés – livres, cassettes, CD, vidéos, vêtements, compléments alimentaires, tous labélisés « Corps sans âge, esprit illimité » – est florissant.

Vingt-cinq millions de ses livres traduits en 35 langues se sont vendus à ce jour dans le monde.

À la mort de Michael Jackson en 2004, il déclare : « Beaucoup plus de gens meurent chaque année des médicaments qu’on leur a prescrits que de l’usage de drogues illicites. C’est la cause première de dépendances (…) et un pourcentage très élevé, peut-être la moitié, des médecins font leurs propres ordonnances, ou ont des problèmes d’alcool. Ils ont développé une relation de dépendance avec leurs patients et l’incitation à faire un usage important de médicaments fait partie de leur identité.»

Du « JE au NOUS »

Pour Deepak Chopra, la méditation est « une pratique universelle, qui consiste à développer une attention au moment présent, tel qu’il est et non tel qu’on voudrait qu’il soit. On remonte le courant pour aller au-delà de l’esprit empli de nos pensées, de nos émotions et de nos sensations vers un état de silence, de présence, et nous relie à notre moi profond. Il n’y a rien à apprendre. Il n’y a pas non plus à chercher à être silencieux, car c’est encore vouloir. » Il précise : « Vous ne videz pas votre esprit en essayant de le vider de ses pensées, car c’est encore une pensée. Laissez remonter le silence à la surface. La méditation, c’est être au monde. La difficulté est de comprendre qu’être au monde ne demande pas d’effort. La solitude est effrayante, mais la capacité d’être seul est précisément ce qui nous relie aux autres. La solitude est déconnexion, la capacité d’être seul est connexion. Ma conviction est que la méditation amène l’individu « du je au nous ».

Concernant sa façon de vivre, il explique au magazine Le Figaro/Madame : « Je parcours les vingt-quatre heures d’un jour en séparant nettement mes temps de sommeil, de méditation, de travail, de liens avec les autres… Quand je travaille, je ne fais rien d’autre ; quand je vous parle, je ne fais rien d’autre. Ne faites jamais plusieurs choses à la fois. Je sais que c’est un mal endémique de notre civilisation ! Mais se penser et se vivre comme un être multitâche ruine notre cerveau, et c’est l’une des rares choses qui empire avec la pratique. Le stress est associé à de multiples formes d’inflammations, des troubles du rythme cardiaque et, bien sûr, de dépendance au travail, au succès, à la nourriture, à l’alcool ou à la drogue… Il s’agit d’un mécanisme échappatoire dans lequel, en fin de compte, la personne n’a jamais assez… de ce qu’elle ne veut pas. Personnellement je me lève à quatre heures du matin, je médite jusqu’à six heures et je ne suis pas un homme stressé. »

Avez-vous peur de vieillir ?
Lorsqu’on lui demande s’il a peur de vieillir, sa réponse est : « Non. Ce qui me préoccupe, c’est l’état d’esprit et de conscience. J’ai grandi en Inde, où je voyais des gens mourir dans leur propre maison, en famille et en paix. Aujourd’hui, il n’est plus question de cela, car beaucoup de gens sont obsédés par l’aspect physique. Moi, je crois que l’âge est très gratifiant si vous vous attachez à l’aspect spirituel. Pression artérielle, taux hormonal, densité osseuse, fonctions immunitaires…, tout cela se met au diapason si l’on vieillit en paix. » Pour lui nos neurones ne sont pas condamnés à décliner et à mourir. Si nous restons mentalement actifs et entraînons notre pensée, notre esprit a la capacité de créer de nouvelles ramifications de neurones. La vieillesse n’est donc pas un processus inéluctable. Notre âge ne devrait plus être mesuré à l’âge de nos artères, mais à celui de notre esprit !

Vers une médecine corps-esprit

Dans son livre Le corps quantique, Chopra opère un rapprochement entre la médecine occidentale, la médecine traditionnelle indienne ayurvédique et les nouvelles découvertes en physique quantique, pour donner sa vision de la santé, de la maladie et de la guérison. Il fait l’analogie entre l’Univers et notre corps humain, tous deux constitués des mêmes particules quantiques, formes lumineuses et immatérielles plus petites que les atomes, qui constituent la matière. Selon lui, la maladie naît d’abord dans l’esprit, elle est le signe de conflits intérieurs dus en grande partie à notre mode de vie moderne, stressant et parfois coupé de toute dimension spirituelle. Fragilisé, notre esprit est plus vulnérable aux virus et microbes, et développe la maladie, mais il peut agir sur le corps, au niveau justement de ces particules. De ce fait, nous aurions potentiellement tous le pouvoir de guérir et de maintenir notre corps jeune et en pleine santé grâce à notre esprit, capable d’entrer en contact avec la « mémoire » ou « l’information » de ces particules subatomiques et d’influencer leur comportement. D’où les cas de rémission spontanée de cancers, de maladies cardiaques ou chroniques non expliqués par la médecine traditionnelle.

Sources : Lefigaro, Femininbio, wikipedia, Psychologie magazine.

Post Author: yogamond

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *