L’illumination, ce n’est pas ce que vous pensez

« L’illumination : ce n’est pas ce que vous pensez » est le dernier ouvrage de Marshall Govindan qui montre comment remplacer la perspective de l’égo, l’habitude de s’identifier au corps, aux émotions et aux pensées, par une nouvelle perspective : le Témoin, votre âme… la conscience pure. « L’illumination » est le but de nombreuses traditions spirituelles. Aujourd’hui, un nombre important et grandissant de personnes se disent « spirituelles, mais non religieuses ». Qu’est-ce que cela signifie ? La science peut-elle confirmer l’existence d’états de conscience supérieurs associés à l’illumination ?

L’illumination est-elle un mythe ou une réalité? De quoi s’agit-il et comment la reconnaît-on? Les auteurs Wayne Liquorman, Eckhart Tolle, et Steve Norquist en auraient fait l’expérience. Écoutons-les.

Illumination, éveil, satori, samadhi, et Conscience Christique

Avec une logique incontestable, des pratiques pour tous les jours et des méditations guidées, l’ouvrage « L’illumination : ce n’est pas ce que vous pensez » de M. Govindan explique comment se libérer de la souffrance, apprécier la paix intérieure et trouver intuitivement des conseils.

Extrait :

Pour M Govindan :« Ceux qui se disent « spirituels » cherchent à être présents ici dans ce monde dans un état durable de conscience supérieure… Les chercheurs spirituels aspirent à être dans le Présent Éternel ; ils mettent l’accent sur le pouvoir d’être présent en ce moment. Ce n’est pas uniquement une expérience spirituelle passagère qu’ils recherchent, mais un état durable de conscience supérieure, appelé illumination, éveil, satori, samadhi, réalisation du Soi et Conscience Christique. Bien que tous ces termes varient d’une tradition spirituelle et culturelle à l’autre, ils font référence à la réalisation permanente d’un état de conscience supérieur dans lequel on réalise l’Unité ».

Le livre examine les descriptions de l’illumination des différentes traditions spirituelles (hindouiste, chrétienne, soufi, bouddhiste…), le processus pour atteindre l’illumination et comment surmonter les obstacles intérieurs pour atteindre ce but…

En Inde, un dicton dit : « Ceux qui connaissent le Samadhi n’en parlent pas et ceux qui en parlent ne le connaissent pas ». Le Samadhi est l’espace entre les pensées. C’est le silence mental. C’est demeurer conscient de ce qui est conscient. L’esprit n’a pas de forme et les traditions spirituelles apprécient le sans-forme. Pour aller au-delà de toutes les formes, il faut cultiver le silence, et la méditation est une pratique essentielle.

 

Il n’est personne pour être illuminé.

Avant de devenir un enseignant de l’Advaita, Wayne Liquorman était un homme d’affaires. Son gourou, Ramesh S. Balsekar, son initiateur à l’évidence de la non-dualité, était un banquier ayant passé toute sa vie professionnelle à la Bank of India.

Son enseignement invite à se demander : « De quoi est composée cette chose ? Quelle est-elle véritablement ? » sans jamais fournir de réponse. Il n’y a pas de doctrine affirmant : « Ce que vous êtes vraiment est (remplissez le blanc) », mais il y a des indices.

L’enseignant spirituel chinois Wei Wu Wei utilisait le terme : « aperception » suggérant l’existence d’une perception sans « percevant », d’un connaître sans « connaissant ». Pour Wayne Liquorman, l’erreur capitale est notre certitude d’avoir un pouvoir sur les évènements de la vie. Cette soudaine remise en question de l’un des fondements, à la fois de nos comportements et de la structure de la société, est vertigineuse. Mais au fur et à mesure que ce nouveau point de vue sur les choses se déploie en nous, le soulagement est manifeste, la souffrance s’estompe et cesse de torturer le corps et l’esprit.

Extrait :
Dans son ouvrage
L’illumination n’est pas ce que vous pensez, l’auteur écrit : « Je réalise combien toute cette question d’illumination est hors propos et à quel point le langage est ma­ladroit pour en parler. Si quelqu’un me demandait: « Êtes-vous illuminé? » je ne pourrais que répondre : « Non » pour la bonne raison qu’il n’est personne pour être illuminé.
Cet événement fut un moment de l’histoire de l’organisme dénommé Wayne au cours duquel disparut cette croyance d’être l’auteur des choses que je chérissais depuis l’âge de deux ans et demi. Par « sentiment d’être auteur », j’entends cette notion compulsive que « je », en tant qu’organisme corps/ mental, ou toute autre entité séparée, suis la source de mes pensées, de mes sentiments et de mes actions. Cette croyance fut balayée en l’espace d’un instant, se révélant aussi chimérique qu’insubstantielle, telle la suggestion hypnotique qui s’évanouit au claquement de doigts de l’hypnotiseur. Cette suggestion ne fut jamais vraie. Vous la teniez pour vraie, mais à aucun mo­ment elle ne le fut. Alors, quand cette croyance erronée se révèle fausse, il n’y a rien de changé au plan fondamental. Elle ne fut jamais vraie. Et elle continue à ne pas l’être.

Chez les humains, vers l’âge de deux ans et demi, survient une profonde transformation qui, d’êtres spontanés, nous change en créatures en lesquelles tout se met à graviter autour de « Moi ! », du « à Moi ! ». C’est l’instant où s’active ce faux sentiment d’être auteur. C’est ce sentiment erroné d’être auteur qui crée la souffrance. »

« L’illumination n’est pas ce que vous pensez » . De Wayne Liquorman. Éditeur : Accarias/l’Originel. 2014.

 

Penser est devenu une maladie
Est-il besoin de
présenter Eckhart Tolle? De son vrai nom Ulrich Leonard Tolle, né en Allemagne en 1948, il est écrivain et conférencier, résident canadien, et l’auteur des bestsellers : Le Pouvoir du moment présent et Nouvelle Terre.

Tolle raconte qu’il s’est senti déprimé la plus grande partie de sa vie jusqu’à ce qu’il connût, dans une nuit à l’âge de 29 ans, une « transformation intérieure » à la suite de laquelle il passa plusieurs années sans emploi à vagabonder « dans un état de félicité profonde » avant de devenir enseignant spirituel.

Extrait :

À la question : « L‘illumination, c’est quoi ? » E. Tollé raconte : « Un mendiant était assis sur le bord d’un chemin depuis plus de trente ans. Un jour, un étranger passa devant lui. “Vous avez quelques pièces de monnaie pour moi ?” marmotta le mendiant en tendant sa vieille casquette. “Je n’ai rien à vous donner”, répondit l’étranger, qui lui demanda par la suite : “Sur quoi êtes-vous assis ?” “Sur rien, répondit le mendiant, juste une vieille caisse. Elle me sert de siège depuis aussi longtemps que je puisse m’en souvenir.” “Avez-vous jamais regardé ce qu’il y avait dedans ?” demanda l’étranger. “Non, répliqua le mendiant, pour quelle raison ? Il n’y a rien.” “Jetez-y donc un coup d’oeil”, insista l’étranger. Le mendiant réussit à ouvrir le couvercle en le forçant. Avec étonnement, incrédulité et le coeur rempli d’allégresse, il constata que la caisse était pleine d’or. Je suis moi-même cet étranger qui n’a rien à vous donner et qui vous dit de regarder à l’intérieur.

Ceux qui n’ont pas trouvé leur véritable richesse, c’est-à-dire la joie radieuse de l’Être et la paix profonde et inébranlable qui l’accompagnent, sont des mendiants, même s’ils sont très riches sur le plan matériel. Ils se tournent vers l’extérieur pour récolter quelques miettes de plaisir et de satisfaction, pour se sentir confirmés, sécurisés ou aimés, alors qu’ils abritent en eux un trésor qui non seulement recèle toutes ces choses, mais qui est aussi infiniment plus grandiose que n’importe quoi que le monde puisse leur offrir.

Le terme ” illumination ” évoque l’idée d’un accomplissement surhumain, et l’ego aime s’en tenir à cela. Mais l’illumination est tout simplement votre état naturel, la sensation de ne faire qu’un avec l’Être. C’est un état de fusion avec quelque chose de démesuré et d’indestructible. Quelque chose qui, presque paradoxalement, est essentiellement vous mais pourtant beaucoup plus vaste que vous. Votre incapacité à ressentir cette fusion fait naître l’illusion de la division, la division face à vous-même et au monde environnant. C’est pour cela que vous vous percevez, consciemment ou non, comme un fragment isolé.

J’affectionne la définition simple que donne Gautama le Bouddha de l’illumination : il affirme que c’est ” la fin de la souffrance “. Cela n’a rien de surhumain, n’est-ce pas ? Mais que reste-t-il quand il n’y a plus de souffrance ? Bouddha garde le silence là-dessus et son silence sous-entend que c’est à vous de le découvrir.

L’identification au ” mental ” amène la pensée à devenir compulsive. Nous ne nous en rendons pas compte parce que presque tout le monde en est atteint: nous en venons à la considérer comme normale. Cet incessant bruit mental vous empêche de trouver ce royaume de calme intérieur. Ce bruit crée également un faux moi érigé par l’ego qui projette une ombre de peur et de souffrance sur tout.

Le philosophe français Descartes a cru avoir découvert la vérité la plus fondamentale quand il fit sa célèbre déclaration : ” Je pense, donc je suis. ” Il venait en fait de formuler l’erreur la plus fondamentale, celle d’assimiler la pensée à l’être et l’identité à la pensée. L’illumination est un état de plénitude, d’unité avec le Tout et donc de paix, une incroyable libération !

L’identification au mental crée chez vous un écran opaque de concepts, d’étiquettes, d’images, de mots, de jugements et de définitions qui empêchent toute vraie relation.

Penser est devenu une maladie et celle-ci survient quand les choses sont déséquilibrées.

Le mental est un magnifique outil si l’on s’en sert à bon escient. Dans le cas contraire, il devient très destructeur. Plus précisément, ce n’est pas tant que vous utilisez mal votre ” mental ” ; c’est plutôt qu’en général vous ne vous en servez pas du tout, car c’est lui qui se sert de vous. Et c’est cela la maladie, puisque vous croyez être votre mental. C’est cela l’illusion. L’outil a pris possession de vous. »

Le pouvoir du moment présent, Chapitre I de Eckhart Tolle. Éditeur : Ariane. 2008.

 

Je suis l’expérience de Steve qui vit sa vie

En 2003, Steven Norquist, musicien de métier, un an après son éveil, écrit : « En termes simples, j’étais auparavant Steve qui vivait sa vie, mais maintenant je suis l’expérience de Steve qui vit sa vie. C’est un changement de perspective. Avant ce changement, j’avais pratiqué pendant environ trois ans une méditation d’intensité moyenne consistant à observer la respiration, à répéter un mantra et à questionner le soi à la manière de Ramana Maharshi.
Après trois ans, j’ai eu ma première expérience de « non-dualité ». Je venais de lire un passage de Ken Wilber «
Le spectre de la conscience » où il indique que la conscience ordinaire est la conscience ultime. Cela m’a vraiment touché, j’ai posé le livre et regardé un papier qui se trouvait sur la table, en face de moi, après environ une minute ou deux, il s’est passé une chose passionnante et effrayante : j’avais disparu !
Ce que j’entends par là c’est que : Normalement, il y avait Steve qui regardait le papier sur le bureau là-bas, maintenant il n’y avait que l’expérience « papier», mais pas de Steve pour le regarder. Il était clair que la partie médiane qui normalement sépare le papier de Steve n’existait pas réellement, il n’y avait que l’expérienc
e « papier ».
Imaginez que vous
pénétrez dans une grande maison dans laquelle vous n’avez jamais été. Vous vous sentez bizarre et un peu effrayé, il y a des meubles, des tentures, mais personne à l’intérieur. Vous visitez partout, et une sensation insidieuse de peur d’être seul dans cette grande maison vous envahit. Vous allez de pièce en pièce sans savoir ce que vous allez trouver. Vous commencez à vous sentir de plus en plus nerveux et effrayé d’être ainsi seul dans cette maison.
La sensation d’espace et de vide commence à peser et finalement, au moment où vous ne pouvez plus
la supporter, vous avez la réalisation choquante que vous n’êtes pas là non plus ! Seule l’expérience « maison » existe. C’est le ressenti de la non-dualité.
Même s’il y a beaucoup d’activité dans le monde, il n’y a personne qui fasse quoi que ce soit. L’univers, en un sens, est sans vie. Il n’y a personne, seulement des événements et l’expérience de ces événements. L’illumination révèle que l’univers émerge spontanément. Son émergence et son modèle sont parfaits pour les mathématiques, la symétrie, et ne comportent aucun hasard. Rien n’est fortuit, tout ce qui arrive se passe exactement comme il se doit. Il n’y a pas de hasard, ou d’évolution basée sur le hasard.

Il semble qu’il existe un hasard ou de l’imprévisibilité du point de vue humain, mais c’est seulement parce que notre référence temps ne nous permet pas de voir l’univers émerger en quelques minutes. Si nous pouvions le voir, nous verrions alors clairement comment chaque événement a été non seulement parfait et nécessaire, mais qu’il était aussi prévisible. Résumons : l’univers est parfait, personne n’existe, pourtant l’expérience « univers » persiste. 

Comment est-ce possible ? La conscience est consciente.
La nature même de l’existence implique la conscience. L’un ne peut pas exister sans l’autre. Il ne peut pas y avoir d’univers sans conscience. Il n’existe pas d’univers ou de dimensions là où il n’y a pas de conscience.

Il n’y a pas d’observateur.
Permettez-moi d’insister sur ce point : la conscience n’est pas consciente « de » l’univers, la conscience est consciente «en tant que» l’univers.
Quand je dis la conscience est consciente «en tant que» l’univers,  je veux dire l’acte même d’exister est conscience.
Comment cela se passe-t-il pour la vie humaine ? Toutes les personnes, qui ne savent pas ce qui se passe réellement, croient être les gens qu’ils sont : des individus avec des pensées et des désirs, des espoirs et des rêves, un corps et une maison… Plus important encore, personne ne fait quoi que ce soit. Pour le dire encore plus clairement : des choses se passent, mais personne ne les fait. Des apparences se produisent et la conscience est consciente. La personne non éveillée, qui ne sait pas ce qui se passe, croit qu’elle agit, que l’humain « en elle » existe. La réalité est que le corps existe, les pensées existent, les souvenirs existent, c’est la conscience et c’est tout.

« L’univers est parfait, n’intervenez qu’à vos risques et périls ».
La personne éveillée n’agit jamais. C’est la résolution de l’énigme du karma : il n’y en a pas, il n’y en a jamais eu et il ne pourra jamais y en avoir. Il n’y a pas de réincarnation, comment serait-ce possible ? Qui se réincarnerait ? Il n’y a personne, pas de naissance ni de mort, il n’y a rien, si ce n’est la Manifestation/Conscience. Lorsque je disais que la personne éveillée n’agit jamais, je ne voulais pas dire que de telles personnes restent assises dans une grotte et meurent de faim… Le corps peut être très actif et manifester toutes sortes de comportements, bons ou mauvais, le mental peut être débordant de pensées et d’émotions, mais la conscience, maintenant éveillée, sait que personne n’agit.

De plus, ce que nous appelons la personnalité ou l’ego ne disparaît pas totalement. L’éveillé sait qu’il n’est pas cet ego. Certaines écoles mettent l’accent sur la destruction de l’ego comme le seul moyen vers la libération. Tout ce qui est vraiment nécessaire, c’est la réalisation que vous n’êtes pas cet ego, que l’ego n’existe pas vraiment, que c’est une illusion … Il n’est pas vraiment là, mais il semble l’être… Essayez de ressentir ce que c’est que de ne pas être là. La véritable percée se fera lorsque vous « sentirez » que c’est vraiment ce qui a lieu.
C’est effrayant, ce n’est ni le bonheur, ni l’extase. Cela doit vous effrayer, le corps doit réagir de manière défensive, ou il peut y avoir un rire incontrôlé devant le ridicule, combien vous avez été stupide et depuis si longtemps…
« Haunted Universe: The True Knowledge of Enlightenment ». De Steven Norquist.  2011.

Sources : Blog : http://perlesdebonheur.blogspot.ca

Post Author: yogamond

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